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Et si j’étais seule sur Terre (1)

Vous êtes vous déjà posé cette question ? Vous êtes vous déjà imaginée être seule sur Terre ? Vraiment toute seule. Genre pas âme qui vive, aucune compagnie que la nature, les animaux et vous même.
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Quel serait le sens de la vie ?

La condition de cette vie serait de savoir répondre à mes besoins primaires tels que l’eau, la nourriture, la sécurité, la protection du froid et de la chaleur avec des vêtements adéquats, et de très bonnes chaussures pour protéger mes pieds si précieux (je ne parle pas du besoin de sexe, on va dire que je n’en ai pas, je suis totalement et irrévocablement dénuée des sexualité..). J’ai un sac à dos avec le strict nécessaire : couteau (à la Rambo), arc et flèches, des allumettes illimitées, un kit de survie, une trousse de toilette (oui je tiens encore à ma dignité).

Disons que toutes ces conditions sont remplies, alors j’imagine que je partirais à la découverte du monde qui m’entoure.

Mon choix de vie se résume à la découverte. Je pourrais très bien choisir de rester où je suis. Mais que ferais-je ? Le seul choix que nous avons lorsque rien ne nous retient à un endroit précis, c’est de bouger. Nous sommes des nomades.

Voilà. Le début de mon périple vers la découverte du monde commence ici.

Je regarde une dernière fois la maison où j’ai grandi, mes racines. Puis mon lac, si beau, si paisible. Adieu, peut être que je reviendrai. Cet endroit que je connais si bien, qui me sécurise devient de plus en plus lointain. Je le sens s’éloigner, je me sens orpheline.

 

Libre

Dis donc, si je n’ai personne à qui parler, ma vie va être bien triste ! Même avec la chance de partir à l’aventure, que vais je faire de mes jours et mes nuits si je ne peux les partager ?

Je fais ce constat dans mon fort intérieur. Et que vais-je bien pouvoir avoir à raconter, à part les paysages qui changent au fur et à mesure de mon chemin, il ne se passera strictement rien. Un pas, puis l’autre, manger, boire, dormir.

Je m’arrête. Tout cela ne sert absolument à rien, cela n’a aucun sens. Le seul autre choix serait de me donner la mort.

Je me souviens alors de la raison pour laquelle j’ai fait ce choix. Je suis en vie, et cette vie quelle qu’elle soit n’a pas de prix. Cette planète mérite d’être découverte, ce corps qui est mien mérite d’être honoré, et qu’importe les conditions qui m’ont été données, je n’abandonnerai pas.

Je suis libre. La seule contrainte, est de me garder en vie, de prendre soin de moi. Comment faire si personne ne le fait pour moi, en construisant des supermarchés qui me livrent toute la nourriture dont j’ai besoin ? Comment faire sans eau du robinet, ou sans médecin, sans cet appartement bien confortable, sans cette ampoule qui m’éclaire, sans cet ordinateur ?

Il me faut réapprendre à vivre, en ne faisant qu’un avec l’écosystème qui m’entoure. C’est à dire, répondre à mes besoins par l’écoute et la connaissance de mon corps et de mon environnement.

 

Le chemin qui me mène nulle part

J’arpente ce chemin qui me mène nulle part. Je n’ai pas de but, si ce n’est celui de vivre.

C’est fou comme mon esprit devient léger tout à coup. Je me sens libérée de la contrainte d’avoir à faire des trucs pour donner du sens à ma vie. Je me sens comme nue. Totalement à poil. Voilà que je me prend à sautiller et à chantonner. Vous voyez la scène ?

Je cueille des fleurs, de vagabonde, je regarde les oiseaux, les arbres, le ciel, je fais des roulades, genre la petite maison dans la prairie et tout et tout.

C’est super cool, car la météo est clémente, cela m’aide à avancer. Je me dois d’arriver vers le sud avant l’automne.

Il faut savoir que je suis un peu superwoman, donc avant de partir je me suis fais un plan. Et oui je ne tiens pas à mourir de froid ou à être dévorée par les loups ou les tigres. Je sais également où se trouvent les cours d’eau, et les endroits où m’abriter, comment chasser, les plantes comestibles ; j’ai suivi des cours intensifs de survie dans la nature moi, yep ! Alors voilà pourquoi je suis si guillerette et sûre de moi. La prévoyance, cela paye toujours.

Cela fait trois semaines que je marche, à mon rythme, rien ne me pousse à aller vite. Le temps me parait s’étirer, se rallonger à l’infini. Et je m’ennui, profondément. Marcher, ne m’amuse plus du tout. Mon pas devient lourd. Je passe de la légèreté à la lourdeur. Je me sens ralentir de jour en jour. Que m’arrive-t-il ?

 

L’envie

Je perd espoir. Je perd le goût et l’envie d’avancer. Car chaque jour je me rend compte un peu plus que rien ne me retient ici, dans cette vie. La seule chose qui puisse me retenir et me forcer à me battre c’est ce fichu instinct de survie. J’ai terriblement peur de la mort.

Je m’assoie. Sur cette pierre plate, le soleil qui me réchauffe, face à la mer à perte de vue. Je médite sur le sens de la vie. Je pleure, ne voyant pas comment avoir envie de continuer puisque rien ne me pousse à continuer. Une fois que j’aurais atteint l’Asie, la Thaïlande, ou je ne sais quel territoire lointain, que ferais je ? Je pourrais élire domicile sur une plage de sable blanc et siroter des noix de coco avec les singes tout le reste de ma vie, c’est à dire au moins 40 ans…

Pas très excitant comme plan de vie. J’ai besoin de me sentir utile, j’ai besoin de créer quelque chose qui ait un sens, j’ai besoin d’être reconnue par mes semblables, j’ai besoin d’affection, de regards, de câlins, j’ai besoin d’amour, notre besoin fondamental de survie number one.

Mon ciel s’assombrit. Je décide de reprendre le chemin, mais il me manque l’essentiel : l’envie.

Je marche, mon esprit me raconte des histoires, je voyage vers mes souvenirs, pour me rappeler ces sensations, le plaisir de se sentir aimé. Je trouve mes ressources dans mon esprit. Mon regard m’emmène à chercher la compagnie d’autres vies, des animaux. Je recherche la présence de Dieu, je lui parle, je me dis qu’il m’entend. Je prie.

Une nuit, alors que je contemplais les étoiles à la recherche d’un signe, j’aperçois une étoile filante. Quelle merveille. Le son des cigales, le ciel étoilé, mon coeur qui bat, ce petit souffle de vent frais sur mon visage… Je prend alors conscience que l’amour est partout, et à chaque instant.

 

 À suivre…

 

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