1 0 3000 1 300 120 30 https://workingirlz.fr 1000 1
site-mobile-logo

L’art de s’en foutre

La quête de bonheur est tellement forte, tellement criante, plutôt que d’accepter notre condition humaine, nous entrons dans une course folle au toujours plus et l'insatisfaction permanente, la fuite en avant. Quels sont les dangers d'un tel comportement et comment vous en prémunir ?
adhérer

Pour l’homme et la femme, accomplir sa vie est difficile : il ne lui suffit pas seulement d’assouvir ses besoins vitaux. Dans notre société moderne remplie de choses qui ne servent à rien, la question de savoir comment atteindre une vie libre et heureuse nous taraude le ventre à nous en faire péter les veines.

Le besoin illusoire de bonheur crée des business de la quête du bonheur et fait croire aux gens qu’ils doivent être meilleurs et ne sont pas assez bien = quête impossible.

 

Les loups déguisés en agneau

C’est la déferlante de gens qui veulent être heureux, il y en a pour tous les goûts. Pour combler ce vide, des apprentis coachs poussent de partout, vous promettent monts et merveilles en 21 jours et prolifèrent comme des lapins. Des milliers de gens font confiance à des pseudos thérapeutes, qui n’ont aucune éthique, ils mettent leur cerveau entre les mains de charlatans et se font voler non seulement leur argent mais aussi leurs pensées. Ces loups déguisés en agneaux, persuadés de leur légitimité, en réalité vous manipulent, en vous faisant croire que vous manquez de tout, et qu’il vous faut tout et n’importe quoi.

 

Définition du bonheur

Vos émotions, vos désirs, vos frustrations, vous font croire que vous avez besoin d’obtenir pour être heureux, en réalité, vous n’avez pas besoin de cela pour aller mieux, car vous allez déjà bien. Tout va bien. Cessez de croire que vous avez besoin d’être comme ci ou comme ça, car le bonheur ne s’achète pas. Définir le bonheur comme un bien de consommation, c’est vous définir comme une chose. Vous vous déshumanisez.

 

Le bonheur,

  • il ne s’atteint pas, ce ne peut être un objectif.
  • il ne s’acquiert pas, ce n’est pas une chose.
  • il ne se donne pas, ce n’est pas un bien.
  • il ne se vend pas, ce n’est pas un business.
  • il ne se multiplie pas, ce n’est pas un virus.

Le bonheur, comme la vie, est insaisissable.

 

Or, il vous reste le choix et la liberté de prendre des décisions. Vous pouvez améliorer votre vie en choisissant par exemple :

  • de gérer vos émotions,
  • vos relations, votre travail,
  • de vous estimer,
  • d’être libre,
  • de vous accepter tel que vous êtes réellement,
  • d’être adulte et responsable.

 

La dynamique du manque

Le véritable coaching, s’inscrit dans des cas concrets de réalisation d’objectifs. Jamais pour combler un manque. Si vous vous inscrivez dans la dynamique de “j’ai besoin car je manque”, vous ne remplirez jamais vos réservoirs car vos réservoirs sont déjà pleins. Croire que vous manquez est une illusion que la peur crée en vous. Et ces business de développement personnels jouent sur cette peur qu’eux même ont.

 

Tu ne vivras jamais si tu cherches toujours un sens à ta vie.

 

Du bonheur en boite

Le véritable danger pour la société de ces business de bonheur c’est que non seulement ils incitent les gens à croire qu’il est facile de gagner de l’argent en aidant les autres alors que le marché est saturé, en s’achetant une bonne conscience, et ne font en aucun cas avancer la société. Et de l’autre côté, les gens qui se font avoir en achetant ces services, rentrent eux mêmes dans une lobotomie collective. Puis des gens créent des business pour apprendre à ces entrepreneurs comment communiquer et faire vivre leur business, alors que la réalité c’est que la demande est inférieur à l’offre, et que ces mêmes personnes marchent sur des oeufs.

 

Tu ne seras jamais heureux si tu cherches continuellement de quoi est fait le bonheur. Albert Camus

 

Tout un art

Notre monde est dur et violent. La nature est violente. La mort nous guette.

Notre biologie nous pousse à sans cesse évoluer par la souffrance. C’est à cette condition que nous mettons en place des actions qui amélioreront notre quotidien. Vouloir éviter la souffrance engendre la souffrance.

Et c’est parce que la majorité des gens refusent cette violence, cette souffrance, de la regarder en face, que nous devenons fous, stressés, allergiques à la frustration. Alors qu’il nous suffit :

  • d’être à l’aise avec le sentiment d’être différent,
  • choisir ce qui est vraiment important pour nous et ce qui ne l’est pas,
  • identifier les emmerdes motrices qui donnent envie de foncer,
  • reconnaitre les pensées qui nous font perdre notre temps et notre tête,
  • et pour tout le reste : rien à foutre.

 


 

Pour appuyer ma réflexion, je vous propose le livre de Mark Mason : l’art subtil de s’en foutre. Loin d’être de l’indifférence, s’en foutre est en réalité ce qui nous manque pour accéder à ce que nous recherchons tous, le bonheur. Il reprend notamment la loi de l’effort inverse de Allan Watts qui nous explique que de vouloir obtenir quelque chose ne fait que renforcer le sentiment de manque.

Extrait tiré du livre :

“Dans les années 60, les psys ne parlaient que développement de l’estime de soi et pensée positive. C’était le grand truc de l’époque. Des études avaient montré que, de manière générale, les gens qui avaient une haute estime d’eux-mêmes réussissaient mieux. 

 

Beaucoup de chercheurs et de responsables politiques en sont venus à croire que booster l’estime de soi d’une population tout entière pouvait bénéficier concrètement à la société dans son ensemble : diminuer la criminalité, doper la réussite scolaire, créer des emplois, réduire les déficits budgétaires. Résultat : au début des années 70, les pratiques visant à l’amélioration de l’estime de soi ont commencé à être enseignées aux parents, vantées par les thérapeutes, les politiciens et les enseignants, faisant même officiellement leur entrée dans les politiques éducatives. 

 

Par exemple, le gonflement des notes a été systématisé pour que les mauvais élèves aient moins honte de leurs résultats. Des récompenses « pour avoir participé » et des trophées bidon ont été inventés pour des tas d’activités parfaitement ordinaires. Les gosses ont eu des devoirs à la maison complètement crétins du style mettre par écrit toutes les raisons pour lesquelles ils pensaient être des personnes exceptionnelles ou noter les cinq trucs qu’ils aimaient le plus chez eux. Les pasteurs et les ministres du culte ont martelé à l’adresse de leurs ouailles que chacune d’entre elles était unique aux yeux de Dieu et qu’un destin d’excellence les attendait – à bas la médiocrité ! 

 

Les séminaires d’entreprise autour de la motivation ont fleuri et essaimé, avec leurs cohortes de participants invités à réciter ce paradoxal mantra : chacun de nous peut être quelqu’un d’exceptionnel et nous avons tous les mêmes chances de réussite. 

 

Une génération plus tard, il faut bien se rendre à l’évidence : on n’est pas tous exceptionnels. Avoir simplement une bonne image de toi ne veut rien dire si tu n’as pas une bonne raison pour cela. C’est un fait que l’adversité et l’échec sont utiles, et même nécessaires à la fabrication d’adultes à la détermination farouche, capables de mener à bien ce qu’ils entreprennent. Avec le recul, il s’avère que persuader les gens qu’ils sont exceptionnels et leur apprendre à avoir une bonne image d’eux-mêmes sans raison valable n’engendre pas une population de Bill Gates ou de Martin Luther King, mais au contraire de Jimmy. 

 

Jimmy qui se confondait avec un créateur de start-up. Jimmy qui fumait la moquette au quotidien et n’avait d’autre compétence à vendre que celle de se prendre pour Dieu le Père et d’y croire. Jimmy qui gueulait après son partenaire commercial, le taxant d’«  immaturité », alors que lui-même vidait la carte de crédit de l’entreprise au resto Le Bernardin pour en mettre plein la vue à sa top model russe. Jimmy qui allait bientôt manquer d’oncles et de tantes pour le renflouer. Oui, ce type sûr de lui qui ne se prenait pas pour un quart de pépin de pomme. Ce type qui passait tellement de temps à se dire génial qu’il en oubliait de lever le petit doigt. Le problème, avec tout ce pataquès autour de l’estime de soi, c’est que les psys l’évaluaient en fonction de l’image positive que les gens avaient d’eux-mêmes. Alors que le vrai critère de l’estime de soi, c’est au contraire l’appréciation par chacun des aspects négatifs de lui-même. Si quelqu’un comme Jimmy peut se sentir absolument génial 99,9 % du temps alors même que tout dans sa vie craque et fout le camp par tous les bouts, comment dans ces cas-là l’image positive de soi-même peut-elle faire office de mesure fiable d’une existence heureuse et réussie ? Jimmy ne se sent plus péter. Il est convaincu de mériter le meilleur alors qu’il est juste un petit con. Convaincu qu’il devrait pouvoir s’enrichir sans se donner la peine de faire quoi que ce soit ; qu’il devrait être liké par toute la planète sans y inciter qui que ce soit ; qu’il devrait mener la grande vie sans rien sacrifier. Se croire tout droit sorti de la cuisse de Jupiter enferme dans une sorte de bulle narcissique qui se consolide, fonctionnant comme un prisme déformant. 

 

Un truc positif leur arrive ? C’est parce qu’ils ont accompli un exploit. Un truc négatif ? Un envieux essaie de les démolir. Les gens qui se la pètent sont totalement étanches. Rien ne les atteint. Ils veulent sauver les apparences à tout prix, quitte à employer la violence physique ou psychique. Mais te hausser du col, ce n’est pas le bonheur. C’est juste un autre moyen d’être dans ton trip. 

 

La vraie mesure de l’estime de soi est dans la perception, l’évaluation de ses expériences négatives, de ses failles, sans se voiler la face – « Ouais, je sais, il m’arrive de claquer trop de fric » ou « Ouais, je sais, il m’arrive de frimer un peu trop » ou encore « Ouais, je sais, je compte trop sur l’aide des autres » – et dans les tentatives d’y remédier. Gare à la réalité cachée sous le tapis : elle finit un jour par réapparaître. C’est juste une question de temps, et ça peut faire très très mal.”

 

 

en savoir plus
Jenny B.

Autodidacte, j’apporte une solution sur mesure à mes ambitions. En toute connaissance de la difficulté de se frayer un chemin dans le monde professionnel, je relève le défi de l’entrepreneuriat. Attirée par l’art digital, la philosophie et les affaires, je trouve un sujet de prédilection dans la communication (visuelle et écrite), la stratégie d'entreprise et l'intelligence relationnelle. Aussi, j'accélère la carrière des femmes ambitieuses par la création d'un club féminin et sa plateforme interactive dédiée.

Article précédent
Entrepreneurs, faite...
Article suivant
Révolution
0 Commentaires
Laisser un commentaire

Résoudre : *
42 ⁄ 21 =


© Workingirlz 2020 - Made with ♡ by Jenny B.